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1906- Taxes T - Utilisation

jeudi 15 septembre 2011, par sbuchfr

Utilisation des timbres poste pour la taxe des correspondances Extrait du bulletin Col.fra n°26

Le service postal de Mauritanie n’ayant pas reçu de chiffres-taxe lors de sa création le Gouverneur général par intérim, en réponse à la lettre n°162 du 18.7.1906 à M. le Commissaire du Gouvernement général en Mauritanie à ce sujet, adressait la lettre n°2259, le 30.8.1906 :

« En ce qui concerne les chiffres-taxes qui manquent en Mauritanie, il serait préférable, pour le moment, de les remplacer par des timbres ordinaires. Les lettres seraient marquées du cachet T [1] à côté duquel serait indiqué le montant de la taxe à percevoir, Les timbres seraient eux-mêmes oblitérés avec le cachet T qui les distinguerait de ceux qui pourraient avoir été apposés par l’expéditeur. »

Cachet T

A la suite de la lettre précitée, et par lettre n°221 T.P. [2] du 4.9.1906, M. le Commissaire du Gouvernement en Mauritanie donnait l’ordre à tous les bureaux et agences postales de Mauritanie d’opérer pour les lettres non affranchies ou insuffisamment affranchies, comme il est dit ci-dessus ; puis par lettre n°227 T.P. du 5.9.1906 en rendait compte à M. le Gouverneur général en lui faisant remarquer que cette façon d’opérer devant diminuer le stock de timbres en compte en Mauritanie, il y avait lieu de commander au plus tôt des chiffres-taxe au Département.

Abrogation de ces dispositions : Par lettre n° 3045 du 4 décembre 1906. M. le Gouverneur Général de l’A.O.F. faisait connaître à M. le commissaire du Gouvernement en Mauritanie, qu’il avait informé M. le ministre des colonies de cette manière de procéder, qui n’avait d’ailleurs qu’un caractère provisoire et ajoutait : « Monsieur le ministre vient de me faire savoir qu’il considère l’apposition du timbre T sur les figurines postales comme une surcharge qui pourrait provoquer dans le commerce des timbres-poste des spéculations de la nature de celles que le département a eu en vue d’éviter en adressant aux administrations locales la circulaire du 16 février 1905. »

M. le gouverneur général donnait donc ordre d’abroger les dispositions, de sa lettre n°2259 du 30 août 1906 et faisait connaître que la lettre T, suivie du montant de la taxe à établir, serait à l’avenir seule apposée sur les lettres non affranchies ou insuffisamment affranchies en attendant que les chiffres demandés au département soient parvenus. Dès réception de la lettre 3045 de M. le Gouverneur général, M. le Commissaire du gouvernement informait tous les bureaux et agence postales de Mauritanie de considérer les dispositions de sa lettre n°221 T.P. du 4 septembre 1906 comme abrogées et d’opérer à l’avenir pour les lettres non affranchies ou insuffisamment affranchies comme il est dit ci-dessus (lettre n°341 T.P. du 10 décembre 1906). Il en était rendu compte à M. le Gouverneur général par lettre n°342 T.P. du 18 décembre 1906. La lettre n°341 T.P. du 10 décembre 1906 informant tous les bureaux et agences postales de Mauritanie ne partit que le 18 décembre 1906 par le fluvial se rendant à Kaédi et devait arriver dans ces bureaux et agences à des dates plus ou moins éloignées variant entre quatre ou vingt jours.

extrait de l’article de M. V. Vandel "Les timbres-taxe de Mauritanie" M.D.P.

« Par lettre n°2259 du 30 août dernier, je vous ai fait connaître qu’en l’absence des chiffres-taxes nécessaires vous pourriez y suppléer par des timbres ordinaires qui seraient oblitérés au moyen de l’empreinte T

Vous voudrez bien donner les instructions nécessaires aux divers services postaux de votre territoire pour que les dispositions de ma lettre précitée soient abrogées, La lettre T suivie du montant de la taxe a établir sera à l’avenir seule apposée sur les lettres insuffisamment affranchies en attendant que les chiffres-taxes demandés au Département vous soient parvenus.

Pour extrait conforme Le Commissaire du Gouvernement général en Mauritanie, signé : L. MONTANE. »

Le signataire de la lettre est le Lieutenant-Colonel MONTANE-CAPDEBOSSE. Il avait succédé à COPPOLANI, assassiné en mai 1905. Il passait plus de temps à la recherche des pillards que dans son bureau de Saint-Louis.

En réponse à une demande de renseignements sur les surcharges employées provisoirement comme timbres-taxe, le Commissaire général en Territoire civil de Mauritanie répondait le 4.05.1907 de Saint-Louis du Sénégal.

« Monsieur,

En réponse à votre lettre du 16 avril dernier, j’ai l’honneur de vous adresser ci-joint des extraits des textes officiels qui ont institué, réglementé, et finalement supprimé l’emploi provisoire dans l’office postal de la Mauritanie, d’une surcharge destinée, suivant les besoins du service, à transformer en timbres-taxes de même valeur des timbres-poste ordinaires. Cette surcharge consistait exclusivement dans l’apposition du cachet T à cadre triangulaire du modèle unique, usité dans le service postal, pour marquer les lettres insuffisamment affranchies. Toutes surcharges d’autres formes doivent être considérées comme de pure fantaisie. Par contre, la couleur de la surcharge n’avait aucune importance et pouvait varier suivant l’encre et les tampons que les agents postaux avaient à leur disposition. C’est ainsi qu’on en peut trouver de diverses teintées particulièrement noire et violette. Les seules valeurs qui aient pu être officiellement surchargées sont, comme l’indiquait une note circulaire que j’ai envoyé à ce sujet aux agents postaux, celles de 5, 10, 20, 40, 50 centimes et 1 franc. Les autres valeurs qu’on peut rencontrer ne peuvent provenir que d’envois indûment faits, suivant leurs indications à des collectionneurs et à des commerçants. Elles doivent être considérées comme des abus n’ayant aucune valeur officielle. Enfin, l’emploi de ces surcharges n’a pas été limité au seul bureau postal de Boghé. Tous les autres bureaux ont pu avoir à en faire usage. Veuillez agréer, Monsieur, l’assurance de ma considération distinguée.

Signé : L. MONTANE. »

En fait, outre les valeurs énumérées dans la lettre du 4.05.1907 ont été aussi utilisées les 25 et 30c.

Ces timbres pour un postier, sont : • des timbres-Poste, • revêtus exceptionnellement et dans des conditions régulières du timbre T et apposée au bureau de destination pour remplacer les timbres-taxe manquants.

Ce ne sont donc ni des timbres-taxe, ni des timbres surchargés.

Ils ne peuvent se rencontrer que sur l’emballage d’un objet confié à la poste, et ne peuvent pas être des figurines neuves isolées. Quant à leur période d’utilisation, elle ne peut pas être circonscrite à la période comprise entre les dates d’envoi des deux lettres du Commissaire du gouvernement aux bureaux et agences postales : 4.9.1906 - 10.12.1906. Il ne peut y avoir de surcharge avant le 4.9.1906. Le temps que la note arrive dans les bureaux concernés laisse bien des délais : le temps pour le 4ème bureau du gouvernement de la Mauritanie de Saint-Louis de la répercuter, vingt-quatre heures pour qu’elle parvienne par le télégraphe à Kaédi et à Boghé, et jusqu’à trois semaines à un mois pour qu’elle atteigne les bureaux mal desservis. Il peut y avoir des surcharges postérieures au 10.12.1906, toujours compte tenu des délais d’acheminement des instructions par télégraphe ou par poste : l’instruction du 10 décembre ayant quitté Saint-Louis le 18 est arrivée en fin de mois aux postes éloignés.

Un exemple de lettre taxée.

lettre de Dakar du 2.10.1906 affranchie à 5c (tarif normal : 10c) taxée à son arrivée à Kaédi le 15.10.1906 (taxe 10 c) conformément aux instructions de la lettre n°221 du 4.09.1906 si ce n’est que le montant de la taxe à percevoir n’a pas été indiqué à coté du cachet T

À noter l’utilisation comme timbre à date du cachet « DAKAR TELEGRAPHE », ce qui n’est pas réglementaire (voir note)

Note : dans les centres télégraphiques important disposant de cachet ainsi que dans les directions, l’usage était de remettre le courrier personnel affranchi au planton de service. Celui-ci apposait sur tous les plis privés ou de service le timbre à date, et les déposait directement à la table de tri du bureau de poste, ce qui évitait à ce dernier un certain nombre de travaux préparatoires (redressement, oblitération, contrôle de la taxation).

Suite

Notes

[1] Le cachet T qui n’a pas changé depuis plus de cent ans, et dont disposaient, dès leur création tous les bureaux et agences postales de l’A.O.F. au début du siècle.

[2] L’indicatif "T.P." suivant le numéro d’enregistrement de la lettre indique que le service des Postes et Télégraphes de Mauritanie relevait à l’époque des Travaux Publics.

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