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1943/44- Les timbres Tour Hassan

samedi 17 septembre 2011, par sbuchfr

1943/44- Les timbres Tour Hassan Extrait du bulletin Col.fra n°27

Nous devons à la grande obligeance de M. Pierre DUPRAT, Inspecteur des PTT à Casablanca Principal à l’époque de cette émission de pouvoir publier l’article suivant, qu’il avait préparé, aidé d’un de ses amis, M. FLANDRIN, depuis décédé, photographe et collaborateur de l’imprimerie Lugat à Casablanca. Les preuves matérielles qu’il possédait sur cette émission ont été malheureusement détruites depuis dans un incendie.

I. L’arrêté portant création des timbres

1943, nous sommes en pleine guerre. L’Afrique du Nord est séparée de la Métropole. Il faut pourvoir avec les moyens locaux à l’approvisionnement en timbres-poste.

Le 13 août 1943, le B.O. du Maroc n°1607 reproduisit, dans 582, le texte suivant :

ARRETE VIZIRIEL du 26 Juillet 1943 (23 rejeb 1362) portant création de timbres-poste.

GRAND VIZIR,

Vu l’article 4 de l’acte annexe du 1er décembre 1913, à la convention postale franco-marocaine du 1er octobre 1913 ;

Sur la proposition du Directeur de l’Office des Postes, des Télégraphes et des Téléphones, après avis du directeur des finances,

Arrête :

Article Premier :

– Il est crée, pour l’affranchissement des correspondances au Maroc, une série de timbres-poste du type « Tour Hassan de Rabat », comprenant les valeurs ci-après : 10 c., 30 c., 40 c., 50 c., 60 c., 70 c., 80 c., 1 fr., 1,20, 1,50, 2 fr., 2 fr. 40, 3 fr., 4 fr., 4 fr. 50, 5 fr., 10fr., 15 fr. et 20 fr.

Article 2.

– L’impression et la vente de ces différentes valeurs de timbres n’auront pas lieu en même temps, mais au fur et à mesure des besoins et des possibilités.

Article 3. - – Le directeur de l’Office des postes, des télégraphes et des téléphones, est chargé de l’exécution du présent arrêté.

fait à Fes, le 23 Rejeb 1362 (26 Juillet 1943).

MOHAMED EL MOKRI.

Vu pour promulgation et mise à exécution :

Rabat, le 26 Juillet 1943.

P. le Commissaire résident général et p.o. Le Ministre plénipotentiaire, Délégué à la Résidence générale,

MEYRIER

En raison des circonstances du moment, le petit format est adopté, le dessin en confié au graveur Charles HERVE. Il représente la tour, située à Rabat. C’est l’imprimerie Heintz à Alger, qui avait déjà obtenu les contrats pour l’exécution de diverses émissions (Oeuvres de Solidarité Française ; Victoire d’Algérie ; Marseillaises…) qui fut chargé également de l’exécution des timbres du Maroc dit "Tour Hassan". En réalité les timbres eux-mêmes furent imprimés en lithographie par la Typo-Litho Carbonnel. Mais les feuilles furent ensuite perforées, datées et numérotée par l’imprimerie Heintz.

II. Les deux tirages et les trois émissions

Le premier tirage fin 1943

Il donne naissance à la première émission :

Première émission : Les timbres de ce tirage sont sortis en 1943

Imprimes à Alger par la Typo-Litho Carbonnel les feuilles sont dentelées 12 et numérotées à la machine en caractères moyens par l’imprimerie Heintz. Les coins datés portent les dates suivantes sur le haut des planches de 100.

0,10 (10-43 et 11-43) ; 0,30 (10-43) ; 0,40 brun-rouge (10-43) ; 0,40 bistre-clair (11-43) ; 0,50 (9-43) ; 0,60 (10-43) ; 0,70 (10-43 et 11-43) ; 0,80 (10-43) ; 1,00 (11-43) ; 1,20 violet et violet-bleuté (9-43) ; 1,50 carmin et vermillon (8-43) ; 2,00 (11-43) ; 2,40 (11-43) ; 3,00 (11-43) ; 4,00 (10-43) ; 4,50 (10-43) ; 5,00 ;10,00 ; 15,00 et 20,00 (10-43) ;

La série est composée de 19 valeurs auxquelles il faut ajouter trois variétés de teintes : 0,40 brun-rouge au lieu de bistre-clair ; 1,20 violet bleuté au lieu de violet ; 1,50 vermillon au lieu de carmin. La gomme de ces timbres est brillante..

1° tirage 1943 1° émission d’Alger dentelé 12

Le deuxième tirage début 1944

Il donnera naissance aux deuxièmes et troisièmes émissions :

Deuxième émission (avril 1944)

Lorsque les timbres imprimés en 1943 furent sur le point d’être épuisés, l’Administration passa une deuxième commande à l’imprimerie HEINTZ. Cette commande comportait également 19 valeurs. Sept valeurs étaient demandées d’urgence par les P.T.T. du Maroc : 0,10 – 0,50 - 1,50 - 4,50 – 5,00 – 10,00 et 20,00. L’imprimerie Carbonnel fit le tirage, mais les perforeuses de M.Heintz étaient surchargées de besogne. Comme les P.T.T. du Maroc réclamaient avec impatience, les timbres furent envoyés à Casablanca pour y être perforés. Le 1,50 était en cours de tirage e il n’en fut donc envoyé qu’une partie ; le reste du tirage de cette valeur fut ensuite perforé Alger et fait partie de la troisième émission. A Casablanca les timbres ont été perforées par l’imprimerie Lugat ; la dentelure est différente : 11 ½ au lieu de 12. Les feuilles ont été numérotées par l’Administration des P.T.T. du Maroc au composteur à main en gros chiffres. La date n’a pas été imprimée, Cinq de ces timbres sont en gomme brillante : 0,10 – 0,50 – 5,00 – 10,00 et 20,00 ; et deux en gomme mate : 1,50 et 4,50. A noter que le 1,50 servait à l’affranchissement de la lettre ordinaire, le lot perforé à Casablanca a donc été vite épuisé sans que personne ait pris garde à la différence de perforation. De ce fait il existe très peu de ces timbres à l’état neuf.

2° tirage 1944 2° émission de Casablanca dentelé 11 ½

Troisième émission (1944).

Les perforeuses d’Alger se trouvant de nouveau disponibles, le solde du 1,50 et les autres valeurs commandées furent perforées à Alger en dentelure 12. Les feuilles sont datées et numérotées à la machine comme dans le premier tirage mais en caractères plus petits. Cette émission comprend treize valeurs, les feuilles sont datées de la façon suivante :

0,30 (11-44) ; 0,40 (12-44) ; 0,60 (11-44) ; 0,70 (12-44) ; 0,80 (11-44) ; 1,00 (11-44) ; 1,20 (11-44) ; 1,50 (11-44) ; 2,00 (12-44) ; 2,40 (11-44) ; 3,00 (12-44) ; 4,00 (11-44) ; 15,00 (12-44) ;

La gomme de ces timbres est mate. Les couleurs diffèrent un peu des précédentes.

N.B. - Il existe quelques planches du 1,50 (coin daté 11-44) en comme brillante. Variété très rare,

2° tirage 1944 3° émission d’Alger dentelé 12

III. La fabrication des timbres et ses conséquences :

Les types, les variétés de couleur,…

Nous emprunterons à M. Benjamin Saraillon (réf. 1 bibliographie) la description générale du procédé d’impression employé : la gravure lithographique : La pierre-litho est presque inusable : un grainage, un ponçage sur la composition précédente et l’on a sous la main une nouvelle surface calcaire, neuve, lisse, retenant bien l’eau, pouvant se retoucher facilement à la plume comme à l’échoppe, et ne remontant pas en cours de tirage. Elle est le support idéal pour les travaux "fin" de gravure, donc du timbre. Toute la surface de la pierre finement poncée est d’abord préparée à l’eau gommée acidulée, avant d’être gravée. En effet, il s’agit pour le graveur de n’enlever que la mince pellicule de calcaire « préparé », pour mettre à nu celui demeuré vierge, qui retiendra l’encre d’imprimerie. Ce travail s’effectue soit à là pointe à graver pour les traits, soit à « l’échoppe » pour les pleins. Il a lieu à l’envers puisqu’il s’agit d’une impression directe pierre-papier. Il comporte beaucoup de tours de mains qui sont les secrets de métier, que chuchote de bouche à oreille le maître graveur à l’apprenti. Une fois la pierre gravée et encrée, elle passe entre les mains du reporteur qui en effectuera d’abord les reports-matrices pour éviter de détériorer la gravure et de là, les planches de timbres. Ceci se réalise à l’aide de tirages sur un papier spécial, l’hydrochine, que l’on décalque par pression sur la pierre de tirage (le principe de la décalcomanie). Voici décrit aussi succinctement que possible l’essentiel de la gravure litho... le restant qui est du domaine du reporteur demande une grande précision et une connaissance parfaite du métier en cherchant à conserver le plus de finesse suivant la qualité des papiers. Les planches de 10c passent ensuite sous la responsabilité du « conducteur litho » qui devra régler : pression, vitesse, qualité d’encrage, suivant la température du moment. Pour l’utilisation de ces pierres, l’imprimerie disposait de presses mécaniques de tous formats, appelées "machines-plates" qui tirent leur nom de leur système d’impression similaire à celui des presses typo. Connues sous le nom de "machines-à-plat". La pierre est posée "à plat" sur un chariot roulant sur des rails ; elle imprime directement les timbres sur la feuille de papier gommé. Celle-ci est placée par le "margeur" sur un "tambour" qui l’entraîne par un mouvement rotatif, sur la pierre, humidifiée et encrée préalablement par des rouleaux mouilleurs et encreurs. Ce fut l’une de ces presses qui fut mise à la disposition des P.T.T., avec son équipe, l’excellent conducteur TAURO et ses aides ; un margeur, un tireur et un apprenti, préposé à la pose des macules intercalaires pour isoler les feuilles entre elles.

Passons maintenant à la description détaillée de la fabrication des timbres de la « Tour Hassan » :

MONTAGE DES PLANCHES La maquette a été fournie par les P.T.T. du Maroc. Mais un dessin agrandi fut exécuté par M. Charles HERVE, graveur pour en corriger certains détails. Ce dessin fut réduit par photographie au format demandé. La gravure sur pierre a été faite par M. Hervé qui a copié la réduction photographique. Il avait décidé au début de faire les 19 valeurs (c’est-à-dire de graver 19 matrices : une pour chaque valeur). Mais l’expérience acquise par l’ouvrier reporteur a permis d’arrêter les gravures qui étaient déjà au nombre de neuf. On s’est servi par la suite de ces neuf matrices pour toutes les autres valeurs en changeant simplement ces valeurs dans les cartouches. L’artiste a exécuté ses dessins directement sur la pierre. De ces dessins l’ouvrier reporteur a fait plusieurs tirages sur pelure à report et les a réunis en bandes de dix. Ces bandes ont servi ensuite elles-mêmes, à constituer deux planches de 100 qui reportées sur une grande pierre, ont donné la planche d’impression.

LES ENCRAGES Le report sur une grande pierre n’a pas toujours "tenu" (terme de métier) à la machine, par suite de la qualité médiocre des encres de guerre, obtenues, certaines par des mélanges de couleurs de mêmes teintes mais d’origines différentes montées ou descendues pour avoir le ton approximatif demandé. Il en résulte que le report a "filé" (autre terme de métier) certaines finesses du dessin ; finesses qui ont ainsi disparu donnant entre autres variétés celle des timbres sans fond les grisés ayant disparus.

PERFORAGE DES PLANCHES La dentelure était faite de gauche à droite ou de droite à gauche et quelquefois de bas en haut. Ces différents perforages sont du genre dit rectangulaire. Seul le perforage de Casablanca est du type linéaire ne laissant aucune marge sans perforation, contrairement à ce qui s’est produit dans celui d’Alger. Le tirage a été fait en feuilles de deux cents (format 31x48). Un seul essais fut effectué avec une planche de 400 clichés (48x62), mais cette façon d’opérer fut abandonnée car elle créait justement des difficultés au perforage. Du fait de ce perforage il y a deux sortes de coins datés l’un ayant deux côtés pleins et l’autre un seul côté plein car les deux feuilles de 100 ont été perforées avant d’être partagées verticalement.

LES NEUFS TYPES DIFFERENTS Une des particularités les plus intéressantes de cette émission réside dans les types "différents" provenant des matrices originales. Le graveur Hervé a copié sur la réduction photographique mais n’a pu refaire exactement chaque dessin et de ce fait les neufs matrices sont toutes différentes les unes des autres. L’ouvrier reporteur a puisé dans ces différentes matrices pour constituer les planches de cent. Et de ce fait, certaines valeurs ont les unes deux types et d’autres trois types bien distincts.

Voici le détail des types [1] dans les différentes valeurs :

TYPE I Tirage de 1943 : 0,10 – 0,30 – 0,40 – 0,60 – 0,70 – 0,80 – 1,00 – 2,00 – 20,00 Tirage de 1944 : 0,10 – 0,70 – 0,80 – 3,00 – 20,00

TYPE II Tirage de 1943 : 0,10 – 0,40 – 0,70 – 0,80 – 2,00 – 10,00 – 15,00 Tirage de 1944 : 0,30 – 0,40 – 0,60 – 10,00 – 15,00

TYPE III N’a servi que pour le 5,00 dans les deux tirages.

TYPE IV Tirage de 1943 : 3,00 – 4,50 Tirage de 1944 : 2,00 – 4,50

TYPE V N’a servi que pour le 4,00 dans les deux tirages.

TYPE VI Tirage de 1943 : 2,40 – 3.00 Tirage de 1944 : 2,40

TYPE VII Tirage de 1943 : 1,50 Tirage de 1944 : 1,00 – 1,50

TYPE VIII N’a servi que pour le 1,20 dans les deux tirages.

TYPE IX N’a servi que pour le 0,50 dans les deux tirages.

LES DEUX TYPES ACCOLES. Dans le premier tirage (I° émission) on trouve certaines valeurs qui ont deux types différents accolés. L’ouvrier reporteur s’est servi de deux types pour le montage de ces planches. Cette particularité ne s’est produite que dans le premier tirage et pour les valeurs suivantes : 01,0 – 0,40 – 0,70 – 0,80 – 2,00 et 3,00. Les cinq premières valeurs sont aux types I et II et le 3,00 aux types IV et VI. Ce qui oblige à rechercher ces valeurs en paire,

TABLEAU DES VALEURS ET DE LEURS TYPES

Timbres n’ayant qu’un seul type dans les 3 émissions 0,50 (type IX) 1,20 (type VIII) 1,50 (type VII) 2,40 (type VI) 4,00 (type V) 4,50 (type IV) 5,00 (type III) 10,00 (type II) 15,00 (type II) 20,00 (type I)

Timbres ayant deux types 0,10 (type I du 10-43 et en 1944) 0,10 (types I + II du 11-43) 0,30 (type I en 1943 et II en 1944) 0,40 (types I + II en 1943 et type II en 1944) 0,60 (type I en 1943 et type II en 1944) 0,70 (types I + II en 1943 et type I en 1944) 0,80 (types I + II en 1943 et type I en 1944) 1,00 (types IV + VI en 1943 et I en 1944)

Timbres ayant trois types : 2,00 (types I + II en 1943 et IV en 1944) 3,00 (types IV + VI en 1943 et I en 1944)

LES VARIETES DE COULEURS Dans la première émission (I° tirage 1943) beaucoup de timbres qui sont plus ou moins clairs ou foncés, constituent des variétés. On trouve quelquefois des timbres accolés dont l’un est clair et l’autre plus foncé. Dans le 0,10 surtout. Ces différences de teintes dans la même planche proviennent du tirage en machine plate (machine déjà vieille) qui a créé des variations de pression. Les trois variétés de teintes de la première émission sont : Le 0,40 brun-rouge.- Le tirage de 319.600 indiqué pour cette valeur SEMBLE élevé car ce timbre ne se trouve pas facilement. Le 1,20 violet-bleuté.- Le conducteur de la machine à imprimer venait de terminer le tirage en bleu et a pensé que pour tirer le suivant qui était le timbre de 1,20 violet, il n’était pas nécessaire de laver le plateau d’encrage, travail très long et ennuyeux. Il a donc mis de l’encre violette dans l’encrier et il a fait tourner la machine un moment pour bien mélanger les encres. Malgré cette précaution les premières feuilles sont violet-bleuté, couleur bien différente de la suite du tirage qui est franchement violette. Le 1,50 vermillon.- Par suite des grands besoins de l’Administration des P.T.T., le timbre de 1,50 qui servait à l’affranchissement de la lettre ordinaire fut l’objet de plusieurs tirages en 1943. L’encre n’a Pas toujours été la même. Nous trouvons des rouges foncés, des rouges pâles des carmins et des vermillons. Les rouges et les carmins ayant une grande ressemblance c’est donc le vermillon qui fait la variété de teinte de cette valeur. Les autres teintes différentes sont dues au deuxième tirage. Elles constituent donc des variétés d’émission.

LES TIMBRES GEANTS Le perforage des timbres "Tour Hassan* est en général imparfait et il est rare de trouver des timbres "centrés" dans une planche de 100. Du fait de ce mauvais perforage exécuté avec un matériel désuet, ces timbres dits "géant" ont un ou deux cotés avec une grande marge et cela sans décentrage. Le timbre est donc plus grand que le timbre normal ; particularité assez rare en philatélie.

Timbres du haut "géants"

TIMBRES MAL PERFORES La dentelure s’est fait par cinq feuilles superposées sur des perforeuses qui n’étaient pas adaptées à ce travail. Les trois premières feuilles ont un perforage parfait, la quatrième est moins bien et la dernière est tellement mal perforée que l’on déchire les timbres en les détachant ce qui donne l’impression de timbres percés en ligne. Dès le début les utilisateurs ont écarté ces vilains timbres qui sont presque tous passés à l’affranchissement. Cette variété devient rare en neuf.

LES TIMBRES SANS FOND. Le dessin des "Tour Hassan" comporte un fond ligné (lignes constituées par de petits points autour du monument). Par suite de fond "filé" soit à cause des encres, soit à cause du manque de régularité de pression de la vieille machine, le fond ligne a disparu ; il subsiste seulement sur le timbre quelques points épars. On n’en trouve que dans les valeurs suivantes : 0,10 – 0,30 – 0,70 – 1,20 – 1,50 – 4,00 et 5,00. Dans le premier ou deuxième tirage.

CLASSEMENT DE LA "TOUR HASSAN". Ces timbres peuvent se classer de deux façons différentes 1. Par émissions : la première comprenant 19 valeurs plus les trois variétés de teinte classiques 0,40 brun-rouge – 1.20 violet bleuté – 1,50 vermillon. 2. Par types : Classement dans l’ordre par valeurs avec leurs différences de types, de gomme, de dentelure et de teintes.

IV. Leur utilisation pour la taxe des lettres :

La pénurie des timbres-taxe se fit sentir à la fin de 1942 d’une façon aussi aiguë que celle des timbres-poste par suite de la coupure avec la métropole. Pour y remédier, le Gouvernement Marocain décida, par Bulletin Officiel n°1585 du 12 mars 1943, de faire surcharger par une imprimerie locale un certain nombre de valeurs taxes devenues sans emploi ; c’est ainsi que le 10c brun fut surchargé 1 fr et 3 fr et le 30c carmin 50c (N°46 à 48 d’Yvert). Cette série devait en principe ne pas être vendue à l’état neuf. L’évidence de leur tirage respectif justifie leur rapide épuisement. La Direction de l’Office Chérifien des P.T.T. décida alors qu’à l’avenir des valeurs postales (séries 1939 mais surtout Tour Hassan) seraient employées après avoir été tamponnées d’un « T ». Voici d’ailleurs le texte de la circulaire qui notifia cette décision aux Receveurs des P.T.T. et donna une existence légale à ces timbres :

Circulaire n°241 S.F. du 2 juillet 1943.

Remplacement des chiffres-taxe par des timbres ordinaires

La réserve de la Direction en chiffres-taxe de 50c, 1fr et 3fr est épuisée seul le chiffre-taxe à 2fr peut-être encore demandé.

A défaut d’autres figurines, j’ai décidé d’employer le timbre poste ordinaire pour la perception des taxes sur les usagers, à l’occasion de la remise des objets adressés poste restante, non affranchis ou insuffisamment affranchis. Il suffira d’apposer sur l’objet taxé un timbre-poste ordinaire d’une valeur égale au montant de la taxe à percevoir et de l’oblitérer avec l’empreinte du timbre "T".

Il est évident que les Receveurs n’auront recours à l’emploi des timbres-poste ordinaires qu’au moment où ils seront complètement démunis de chiffres-taxe.

Le Directeur.

La forme des cachets varie suivant les bureaux. Certains se présentent sous la forme de bâtonnets croisés, mais la majeure partie le "T" classique inscrit dans un triangle. Ces timbres frappés de la griffe "T" pour les distinguer des timbres ordinaires n’étaient pas exclus de l’annulation par l’apposition du timbre à date du bureau taxateur, comme le prescrit les règlements postaux.

Ces timbres ne devaient pas être vendus à l’état neuf aux guichets des bureaux de poste, car le cachet "T" était appliqué à la main et qu’au fur et à mesure de l’utilisation à l’intérieur du service. En fait toutes les valeurs ont reçu des surcharges de complaisance. Aussi seuls parmi ces timbres ceux qui sont demeurés sur lettres ou documents taxés présentent-ils un intérêt et une valeur réelles.

Et voici le texte de la circulaire mettant fin à l’empreinte "T" sur les timbres poste :

Circulaire n°109 S.F. du 4 avril 1945

Utilisation des chiffres-taxe

Il est rappelé que les approvisionnements de l’Office en chiffres-taxe étant suffisant, les timbres-poste ne doivent plus être revêtus de l’empreinte de la griffe "T".

Le Directeur.

Pierre DUPRAT

Bibliographie

Deux articles que nous engageons nos collègues intéressés par cette émission de lire :

[1] sur les conditions de fabrication : intéressants renseignements dans l’article : « La vérité sur les séries d’Alger » de Benjamin SÀRAILLON, dans "la philatélie française" n°263, 264 & 265 des 2, 3 & 4 /1976.

[2] Notes sur les timbres "Tour Hassan du Maroc" de R. ALTERIET, dans l’écho de la timbrologie" des 30.9 & 31.12 / 1947, des 31.3, 31.7, 30.9 & 31.12 / 1948. Dans cet article, il y étudie avec une très grande précision les timbres, (en particulier description précise des types, des blocs- reports de chaque valeur), donne les chiffres de tirage des timbres. Les lecteurs intéressés devraient pouvoir acquérir ces anciens numéros auprès des éditeurs des deux revues.

N.D.L.R. L’article de M. Alteriet diffère de celui de M. Duprat sur un point important : il rattache la deuxième émission au premier tirage. Nous en reparlerons dans un prochain numéro.

Notes

[1] N.D.L.R. La description détaillée des neuf types de timbres a été faite par M. R. Altériet (réf.2 de la bibliographie). Sa numérotation des types est toutefois différente. Table de correspondance : numérotation Duprat/numérotation Altériet I / IX – II / VIII – III / V – IV / VII – V / IV – VI / VI – VII / I & Ibis – VIII / II – IX / III

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